Quand j’étais jeune, le monde était infesté de vieux cons. Puis, il y en a eu de moins en moins et curieusement, ils ont disparu. Ces chroniques sont celles d’un vieux con déclaré. Subjectif, évidemment. Mauvaise foi, parfois. Mais pas totalement inutile — enfin, j’ose l’espérer.
1 Juillet 2026
Certes en 50 ans, il y a eu le TGV et la possibilité de prendre son billet depuis son domicile. Mais à quel prix ?
Revenons tout d'abord sur un épisode oublié.
Quelques jours après la mise en service du TGV Paris–Lyon en septembre 1981 (durée du trajet 2h40), des élèves de l'École Centrale de Lyon, emmenés par leur Bureau des Élèves, organisèrent plusieurs occupations symboliques des rames du vendredi soir pour protester contre les conditions tarifaires appliquées aux étudiants. Voyageant avec leurs cartes de réduction SNCF habituelles, ils réclamaient que le nouveau train à grande vitesse demeure accessible à la population étudiante. Certains finiront même au poste de police proche de la gare de Lyon. Cette mobilisation contribua à l'obtention début décembre d'une formule d'abonnement permettant jusqu'à neuf allers-retours mensuels, répondant ainsi aux besoins des nombreux élèves effectuant régulièrement la liaison Lyon–Paris.
Du Train Corail au TER-TGV
Il y a 50 ans, faire Orléans-Dax en train c’était direct, cela durait 5 heures, arrêts à Tours, Poitiers, Angoulême et Bordeaux inclus.
Et si on ratait le train de 10h, on pouvait prendre celui de 15h, quitte à chercher un peu une place libre.
Coût : de l’ordre de 90F, soit l’équivalent de 75€ aujourd’hui.
Aujourd’hui deux options se présentent :
Bilan d’un demi-siècle de régressions :
Sans compter que les ruptures de charge rendent ces voyages impossibles pour des personnes âgées ou des jeunes ados non accompagnés.
Les vaches (à lait) regardent passer les trains.
Gare de Bordeaux, 18 juin 2026 : Notre TER arrive à l’heure. Nous avons 1h30 pour notre correspondance vers Paris. Sauf que le train précédent, en retard de 10 minutes, est encore à quai.
On ne l’avait pas réservé : avec une correspondance aussi courte, c’était impossible. Ce retard nous donne pourtant une chance de l’attraper… mais non. Car un train en retard, chez la SNCF, n’est plus un train comme les autres. Il devient inréservable. L’agent sur le quai est catégorique : monter sans billet valide ? Ce sera le plein tarif, plus la perte du billet initial, plus une amende.
Même en cas de retard, la SNCF veille à ce que personne n’en profite. Le voyageur, lui, paie. Toujours.
Et pour conclure…
Je ne supporte plus ce marketing idiot de la SNCF, les INOUI, OUIGO et autres appellations qui prennent le voyageur pour un semi-demeuré.
Il est grand temps que la SNCF se mette en tête que l'on vient prendre le train et que l'on se moque pas mal qu'il soit peint en blanc ou en bleu et rose, qu'il s'appelle tartempion Intercités ou autre.
Et je ne parle ni lignes non-TGV sous-entretenus, ni des lignes secondaires négligées (le vote RN augmente avec l'éloignement d'une gare, le saviez-vous ?), ni de cette inique séparation et déconnexion des TER qui complique les correspondances voire les rend impossibles.
Et pendant ce temps, on continue à se battre pour que le transport ferroviaire échappe au griffes du marché et revienne dans le giron public. On ne lâche rien !
Alors, SNCF… c'est possible ?