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Chroniques d'un vieux con

Quand j’étais jeune, le monde était infesté de vieux cons. Puis, il y en a eu de moins en moins et curieusement, ils ont disparu. Ces chroniques sont celles d’un vieux con déclaré. Subjectif, évidemment. Mauvaise foi, parfois. Mais pas totalement inutile — enfin, j’ose l’espérer.

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Chronique n° 2 - Le rap : une faillite artistique et culturelle ?

 

La musique réduite à sa plus simple expression
 
Difficile aujourd’hui d’échapper au rap. Omniprésent dans les classements, dans les médias et sur les plateformes, il s’impose comme la bande-son d’une époque. Mais derrière ce succès massif se cache une réalité plus dérangeante : celle d’un appauvrissement musical et d’une dérive culturelle préoccupante.
 
Le rap contemporain semble avoir fait de la simplicité non plus un choix, mais une norme. Boucles répétitives, rythmiques mécaniques, absence quasi totale de recherche harmonique : la musique devient un simple support fonctionnel pour la voix.
 
Là où d’autres genres explorent la richesse mélodique, les textures sonores ou la complexité des arrangements, une grande partie du rap se contente d’un minimalisme paresseux. À force de privilégier l’efficacité immédiate, il finit par sacrifier toute ambition artistique. Le résultat ? Une production interchangeable, standardisée, parfois indistinguable d’un morceau à l’autre.
 
La glorification de la médiocrité verbale
 
Si la musique s’efface, le texte devrait être roi. Pourtant, c’est précisément là que le bât blesse. Trop souvent, les paroles se réduisent à une accumulation de clichés : argent, domination, violence, misogynie.
 
L’écriture cède la place à la vocifération. Le propos, à la posture. La nuance, à la caricature. Cette pauvreté lexicale et thématique ne relève plus seulement d’un style brut ou direct : elle traduit un renoncement à toute exigence.
 
Pire encore, cette indigence est parfois érigée en modèle. L’outrance devient une stratégie marketing, et l’agressivité, un argument commercial. Ce qui relevait autrefois d’une colère sociale authentique se transforme en produit calibré pour provoquer et vendre.
 
Une culture gangrenée par ses propres excès
 
Impossible d’ignorer non plus les multiples affaires judiciaires impliquant certains artistes : trafic de drogue, violences, blanchiment, agressions, bagarres plus ou moins arrangées entre rappeurs. Bien sûr, tous ne sont pas concernés. Mais la répétition de ces scandales n’est pas anodine.
 
Elle contribue à entretenir une confusion malsaine entre fiction et réalité, entre personnage artistique et comportement réel. Dans certains cas, la transgression n’est plus seulement racontée : elle est revendiquée, voire mise en scène comme un signe d’authenticité.
 
Ce brouillage des repères pose un problème profond. Quand la marginalité devient un argument de légitimité, quand l’illégalité est valorisée, le message dépasse largement le cadre artistique.
 
Une agressivité contre-productive
 
Le rap se présente souvent comme une voix des opprimés, un outil de contestation sociale. Mais à force de cultiver l’agressivité permanente, il finit par se tirer une balle dans le pied.
 
Car à vouloir imposer son message par la violence verbale, il risque surtout de le décrédibiliser. L’outrance lasse, le conflit permanent enferme, et le discours perd en portée ce qu’il gagne en intensité.
 
Au lieu de rassembler, il divise. Au lieu d’éclairer, il simplifie. Et au lieu d’élever le débat, il l’abaisse.
 
D'un côté, le rap, de l'autre, la musique.
 
Le problème du rap contemporain est bien hégémonie et son manque d’exigence. En occupant tout l’espace, il impose aussi ses codes, souvent les plus faciles, les plus bruyants, les plus provocateurs.
 
Il devient urgent de dénoncer l’idée selon laquelle le succès commercial serait un gage de qualité artistique voire, de distinguer musique de rap en créant une catégorie spécifique pour ce dernier.
 
À défaut, c’est toute une culture qui risque de s’enfermer dans ses propres limites, de confondre popularité avec valeur, voire de disparaitre.
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